La transition énergétique reste un défi majeur pour les copropriétés françaises. Malgré une prise de conscience croissante, de nombreux obstacles freinent encore les travaux de rénovation. C’est ce que révèle le baromètre Hellio 2025, qui analyse le ressenti des copropriétaires et l’évolution de leurs priorités depuis 2021.
Aujourd’hui, 57,6 % des copropriétaires connaissent leurs obligations liées au DPE et au plan pluriannuel de travaux, contre 49 % en 2023. Cette meilleure information s’explique notamment par l’échéancier interdisant la location des logements énergivores, désormais connu de 96 % des sondés. Pourtant, près de la moitié des copropriétaires (48,6 %) jugent que les dispositifs d’aide restent trop instables, et 24,7 % dénoncent la complexité administrative.
Malgré ces freins, 43,3 % des copropriétés envisagent des travaux énergétiques, une légère hausse par rapport à 2023 (40 %). La majorité préfère toutefois reporter leurs projets : 22,3 % dans deux à quatre ans et 12,1 % au-delà. Cette prudence s’explique par une capacité d’investissement limitée : seulement 35,5 % des copropriétaires se disent prêts à consacrer entre 1 000 € et 5 000 € sur cinq ans, contre 48 % en 2023.
Quand des travaux sont réalisés, les copropriétaires privilégient les “gestes simples” : isolation des murs (20,5 %) ou de la toiture (15,2 %). La rénovation globale, plus coûteuse et complexe à organiser collectivement, reste marginale (7,7 %). Les motivations restent avant tout pragmatiques : valoriser le bien (29,6 %), réduire les factures d’énergie (25,8 %) et améliorer le confort (23,2 %). Le baromètre souligne que la transition énergétique progresse, mais que sa réussite dépend de la stabilité et de la simplification des aides publiques. Pour passer de l’intention à l’action, les copropriétés ont besoin de dispositifs clairs et d’un soutien financier renforcé, afin de surmonter les obstacles économiques et administratifs encore présents.